LE CNESER du 9 décembre étudiait, entre autres dossiers, un projet d’arrêté ministériel portant accréditation d’universités en vue de la délivrance du diplôme de Licence Professorat des écoles (44 demandes d’accréditation). Lors des discussions, la CFE-CGC, par la voix du secrétaire général du SNIRS, a rappelé sa position sur la LPE.
À la différence de la réforme des concours de recrutement de l’enseignement secondaire, la réforme concernant la formation des professeurs des écoles va dans le bon sens, même si tout n’est pas parfait, loin de là. Pressé par des ministres n’ayant pris ni le temps d’une analyse partagée des dysfonctionnements du système ni le temps d’une véritable concertation, les établissements ont été contraints dans l’urgence de bâtir des formations dont ils sollicitent l’accréditation. On observe de ce fait une grande disparité de dossiers, que ce soit sur le fonds ou sur la forme (ainsi, de nombreuses conventions avec les Rectorats n’ont pas été encore signées ou jointes aux dossiers). La CFE-CGC tient ici à remercier les équipes pédagogiques qui ont pu, malgré des charges de plus en plus lourdes, élaborer des schémas de formation pour une mise en œuvre à la rentrée 2026.
Quelques remarques. Beaucoup d’établissements conservent une formation parallèle afin que des étudiants, au départ engagés dans des formations disciplinaires, puissent recevoir un complément de formation leur permettant de devenir des professeurs des écoles. A contrario, certains ont prévu de multiples possibilités de réorientation pour des étudiants en LPE qui, à la suite de stages en situation, considèreraient que cette voie n’est pas pour eux et souhaiteraient se réorienter. Certains dossiers restent cependant vagues sur ce point. Car après une Licence de Professorat des écoles, généraliste et professionnalisante, comment intégrer un master recherche sans formation disciplinaire approfondie ? Les modules d’initiation à la recherche prévus dans les maquettes restent en effet très généraux et centrés sur les questions pédagogiques. L’adossement à la recherche reste très variable, les grands établissements pouvant associer un plus large éventail de centres de recherche. Les spécificités linguistiques régionales ont été intégrées dans les universités concernées (Lorraine, Bordeaux, Corse, UPPA, UBO). On remarque des profondes inégalités d’accès à ces licences d’une académie à l’autre comme cela a été indiqué par d’autres intervenants. Il est souhaitable que le ministère prévoie un bilan de cette mise en œuvre, tant au niveau des établissements concernés que des étudiants, au cours de mise en œuvre ainsi qu’à l’issue de la première promotion, en 2029.
Explication de vote : La CFE-CGC ne votera pas contre ce dossier, compte tenu du travail des équipes pédagogiques et administratives qui ont bâti ces maquettes mais elle ne peut en avaliser les disparités et les imperfections. Elle s’abstiendra tout en restant vigilante sur la mise en œuvre de la réforme

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