Déclaration liminaire de la CFE-CGC, par la voix du secrétaire général du SNIRS, lors de la réunion du CNESER du 9 décembre 2025 :

Au moment où ce CNESER se réunit, les débats budgétaires ne sont pas terminés. Le budget 2026, qui s’annonce est touché de plein fouet par la politique d’austérité du gouvernement alors que depuis de nombreuses années l’enseignement supérieur et la recherche sont à la diète. Les dépenses publiques de R&D sont évaluées à 0,74% du PIB en 2023 alors qu’elles étaient de 0,82 en 2015, il y a de cela dix ans. L’objectif de 1% paraît inatteignable. C’est la raison pour laquelle nos collègues n’ont pas compris l’intervention pour le moins désobligeante du ministre au cours des dernières semaines. Comment exiger toujours plus en donnant toujours moins ?

Absence de Compensation du glissement vieillesse technicité (GVT), absence de compensation intégrale des revalorisations indiciaires, absence de compensation totale du CAS pension, et pour 2026, absence de compensation pour la mise en place de la protection sociale complémentaire. L’autonomie des opérateurs de l’État, et en particulier des universités est un miroir aux alouettes, un marché de dupes qui dissimule de moins en moins la volonté des dirigeants de notre pays, de droite comme de gauche, de se désengager du financement de la recherche et de l’enseignement supérieur public. Les fuites concernant un rapport prônant une forte augmentation des droits d’inscription semblent aller dans le même sens. L’étranglement financier des universités les oblige à tarir les recrutements, à diminuer leurs capacités d’accueil dans un certain nombre de filières, à réduire leur offre de formation… le découragement gagne du terrain. Nous voudrions aborder rapidement trois points particuliers, celui des ES, de la PSC et de l’ONERA. Les Enseignants du Supérieur (PRAG, PRCE) nous font part régulièrement de leur insatisfaction suite aux modifications de leur statut, actées au cours de l’année passée. Outre des questions indemnitaires légitimes, en cette période de perte de pouvoir d’achat pour les fonctionnaires, il faut absolument clarifier la situation administrative de nos collègues, qui sont partie intégrante de l’enseignement supérieur.

J’ai déjà évoqué le dossier complexe de la Protection Sociale Complémentaire. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi la qualité de la couverture des agents de l’ESR offerte par l’opérateur retenu par le MESRE est inférieure à celle dont bénéficient les agents d’autres ministères ? pouvez-vous nous indiquer si un bilan d’étape de la mise en œuvre de la PSC (situation dans les établissements, coût réel, traitement des demandes de dispense) sera effectué en début d’année et enfin vous engagez-vous formellement à compenser cette charge financière nouvelle dans le budget des opérateurs de l’État ?

L’ONERA est un EPIC de recherche, stratégique pour la recherche aéronautique et l’innovation de la défense. Afin d’atteindre ses objectifs de production contractuelle, en cohérence avec les orientations de son Contrat d’Objectifs et de Performance (COP) 2022-2026, et malgré un recours accru aux Contrats de Projet à objectif de Recherche, l’ONERA a dû augmenter ses effectifs permanents et s’est retrouvé en 2025 à un niveau légèrement supérieur à celui autorisé dans le cadre de la loi de finance, ce qui a conduit à un gel des recrutements de doctorants en 2025 ; pour ces derniers, il s’agit de 70 doctorants dont les contrats ne débuteront pas en octobre 2025 mais seulement en janvier 2026, avec tous les risques de précarité voire d’abandon que cela entraîne. Face à cette situation particulièrement critique, amenée à être prorogée en 2026-2027, nous vous demandons de bien vouloir examiner cette situation et intervenir auprès du Ministère de la Défense, afin que les doctorants de l’ONERA soient sortis du décompte du plafond d’emploi opérateur imposé à l’ONERA et que leurs contrats commencent à la rentrée universitaire.