Intervention de Laurent Coste au nom de la CFE-CGC au CNESER du 15 septembre 2026

Monsieur le Ministre, monsieur le président du CNESER, Messieurs les Directeurs généraux, Mesdames et messieurs les membres du CNESER.
En cette rentrée universitaire, la dernière du mandat présidentiel actuel et du gouvernement, la CFE-CGC souhaite faire part de ses plus vives préoccupations. Les médias se font l’écho des projets de budget 2027. Certes, notre pays connaît un déficit budgétaire très élevé, 77 milliards d’euros en 2017 soit 3,3% du PIB, et, après un maximum en 2020, 152,5 milliards en 2025, soit 5,1% du PIB. Parallèlement, la dette publique a augmenté de près de 18 points de PIB de 2027 à 2025. Ce sont naturellement des contraintes qui s’imposent à tous. Certes, il y a eu la crise sanitaire, une succession de crises financières, géopolitiques, mais celles-ci s’imposent aussi à nos voisins et partenaires. Dans le même temps, la dette publique de l’Allemagne baissé de 1 point de PIB, celle des Pays-Bas a diminué de 12 points ? Il s’agit donc bien d’une spécificité française dont sont comptables ceux qui ont géré les finances publiques au cours de la décennie passée.
Rajoutons que ce n’est pas la recherche et l’enseignement supérieur qui sont responsables de cette dégradation. La part des dépenses de recherche et de développement est restée stable pendant cette période : 0,78% en 2016 et 0,75% en 2024. La trajectoire de la loi de programmation de la recherche n’a pas été respectée comme l’indiquait un rapport de la commission spécialisée du CNESER au printemps dernier ; les gels de crédits se multiplient. Il n’est donc pour la CFE-CGC absolument pas question d’avaliser des restrictions budgétaires supplémentaires qui s’ajoutent à la diète que nous subissons depuis des années et qui contribuent au déclassement progressif de notre pays comme l’a montré un récent rapport de l’Observatoire des sciences et des techniques. La France représentait en 2017 2,8% des publications au niveau mondial. Elle n’en représente plus en 2024 que 1,9%, soit le 13e rang. En ce qui concerne les universités, si le récent rapport du Sénat sur l’excellence académique indique que les 2/3 des Français ont une bonne image de la qualité des enseignants et du niveau global des enseignements, ils sont près de la moitié à juger les locaux et les équipements insatisfaisants. Or, les établissements fragilisés par les mesures RH des dernières années, la non-compensation des charges supplémentaires n’ont pas les moyens de se moderniser et, en particulier, de s’adapter aux effets du dérèglement climatique.
Pour mettre un terme au déclassement, il faut un choc d’attractivité par l’amélioration des conditions de travail et une hausse des salaires ; il faut par ailleurs engager une politique de recrutements massifs, ne serait-ce que pour remplacer les nombreux départs à la retraite attendus au cours des prochaines années. La situation devient urgente : il faut au moins huit ans pour former un docteur et si la situation devait perdurer, les meilleurs espoirs quitteraient notre pays.
Quelques points d’actualité.
Nous profitons de cette séance plénière pour évoquer les inquiétudes des agents de l’IRD face au processus précipité de fusion avec le CNRS, les difficultés des agents des CROUS face à la mise en œuvre du repas à un euro, pour nous faire l’écho du mécontentement d’un grand nombre de nos collègues, contraints, avec la mise en place de la Protection sociale complémentaire en mai dernier, d’abandonner leur ancienne mutuelle et de payer plus cher pour des prestations parfois moindres. Nous demandons au ministère de présenter au printemps prochain un bilan de cette réforme. A l’approche des élections professionnelles, nous rappelons notre souhait que les professeurs agrégés et certifiés exerçant dans les IUT et universités soient totalement intégrés au Supérieur comme Enseignants du Supérieur et disposent d’instances indépendantes de celles du Secondaire.
Nous souhaitons enfin faire part de nos inquiétudes et de celles de beaucoup de nos collègues face au climat tendu dans de nombreuses universités et dans les instituts d’études politiques. Les libertés académiques des chercheurs et des enseignants-chercheurs doivent être respectées plus que jamais. Nous formons le vœu que les débats qui auront nécessairement lieu au cours de la prochaine année universitaire soient marqués par le respect mutuel, le refus de tout excès verbal et de toute violence.
Je vous remercie pour votre attention.

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