Le SNIRS CFE-CGC a pris acte de la lettre de mission annonçant un rapprochement entre le CNRS et l’IRD. Si nous saluons par principe tout effort entrepris pour renforcer la cohérence de la recherche française, nous alertons sur les risques majeurs de ce projet, imposé dans un contexte d’austérité budgétaire et venant s’ajouter à l’ambitieux projet du nouveau PDG de réformer l’organisation du CNRS pour recentrer les activités de l’établissement sur 7 instituts thématiques.
Si, à ce stade, quelques synergies scientifiques pourraient être vues comme des opportunités potentielles, ce sont surtout les risques et difficultés de ce rapprochement qui nous inquiètent.
Les Risques et difficultés
• Calendrier irréaliste
o Une première étape dès janvier 2027 (moins de 6 mois) exclut toute concertation sérieuse avec les personnels et laboratoires ;
• Économies d’échelle = réductions de moyens ?
o Dans un contexte de gel des crédits et de suppression de postes, cette fusion pourrait servir à justifier de nouvelles coupes (fermetures de sites, précarisation accrue des agents).
• Dilution des spécificités :
Le CNRS et l’IRD ont des tailles et des missions clairement distinctes. Une fusion mal maîtrisée risquerait de noyer l’IRD dans une logique trop académique, comme de faire peser des contraintes externes sur la politique internationale du CNRS.
• Diplomatie scientifique déséquilibrée :
L’IRD a construit des partenariats équitables avec les pays du Sud. Une fusion pourrait favoriser une approche franco-centrée, au détriment de la coopération horizontale.
En conclusion
Nous ne rejetons pas, par principe, tout rapprochement entre des opérateurs de l’Etat, mais nous demandons :
– Qu’il serve la recherche et ses acteurs, pas simplement une logique comptable, sous la pression de ceux qui dénoncent à l’envi le nombre excessif d’opérateurs de l’Etat ;
– Que ce rapprochement soit une opportunité de dialogue social renforcé au sein d’un groupe de travail paritaire (direction + syndicats);
– Et surtout, qu’il soit construit avec les personnels, et pas imposé à marche forcée, suscitant beaucoup d’émoi au sein de l’IRD.

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